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Mais pourquoi la coupe menstruelle n’est pas vendue en supermarché ?

Je m'appelle Hélène, je suis professeur de langues en Écosse près de Glasgow. Je suis un peu écolo mais surtout très radine...

 

tableau avantage coupe menstruelle

 

J'ai découvert la coupe menstruelle il y a sept ans grâce à un copain – oui, un homme.

Il avait bossé avec des féministes et en parlait ouvertement. Il nous parlait d'un produit qui coûtait 15 euros, qui allait nous éviter d'acheter d'autres produits tous les mois et qui durait dix ans.

On a toutes vécu ça

Une de mes copines présentes ce jour-là, Marie, refuse toujours d'en entendre parler. Julie l'a essayé et l'utilise. Sam est intéressée mais n'a pas encore sauté le pas. Moi je me suis dit « pourquoi pas ».

Évacuons tout de suite le moins ragoûtant. On place la coupe en silicone comme on placerait un tampon, la coupe récupère le sang. Il suffit de la vider au moins une fois toutes les huit heures.

Je la lave sous la douche. De temps en temps, je la mets dans la machine à laver : plus simple que la stérilisation classique.

C'est simple : on n'a qu'une chose à avoir.

C'est hygiénique, en matière hypo-allergenique ça n'assèche pas (contrairement aux tampons) et on n'a pas la sensation d'avoir une couche (contrairement aux serviettes).

C'est écolo, on n'a rien a jeter, et on n'est pas gênées par les toilettes sans poubelles (les filles, on a toutes vécu ça).

Et dans les toilettes publiques ?

Et puis, c'est économique. En sept ans, en plus de ma coupe à 15 euros, je n'ai acheté qu'une seule fois des serviettes (3,5 euros le paquet) car j'avais oublié ma coupe. Avant, ça me coûtait en moyenne 7 euros par mois.

Je ne comprends pas pourquoi si peu de femmes l'utilisent. Sommes-nous prudes ? Dès que Marie m'en parle, elle a cet air dégoûté : toi et ta coupe !

Elle me demande comment je fais dans les toilettes publiques. Je lui explique... en vérifiant que personne n'écoute autour de nous. Je sors la coupe, la déverse dans les toilettes, la remet, et m'essuie les mains avec le papier toilettes, avant de sortir me laver les mains.

Mais Marie est convaincue que c'est « encore un de ces trucs d'écolos » qui rendent la vie plus compliquée (genre couches lavables) ou plus chère (genre pain bio). Mais là je lui propose un produit plus simple que ce qu'elle utilise et plus doux pour son porte-monnaie. Marie fait sa moue et accepte mon argument mais ne l'essayera pas.

Sortir de la communauté trasho-écolo-bab

On me dit que les règles, ce serait tabou en France. Always et Nana arrivent pourtant à faire de la pub partout sans que ça gène plus que ça. Alors quoi ?

Au supermarché, chaque fois que je vois ces alignements de serviettes hygiéniques, je me dis, c'est con, il n'y a toujours pas de coupe ici, comment les femmes peuvent-elles être au courant ?

Sam va être obligée de passer commande sur un site spécial. Quelques pharmacies et magasins écolos en vendent aussi. Si les supermarchés ne permettent pas d'accéder aux coupes, elles ne sortiront jamais de la communauté trasho-écolo-bab.

L'industrie des serviettes hygiéniques et des tampons a évidemment tout intérêt à ce que ça ne se sache pas. Alors ils nous inondent de pubs de leur produits pour nous faire croire que la seule solution pour nos règles, c'est de dépenser 7x12 euros par an.

Saperlipopette, j'ai économisé au moins 570 euros en sept ans ! Je n'avais pas réalisé que cela représentait autant d'argent...

 

 Source (article modifié) : Rue 89

 



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